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Pour citer cet article :
Touhami S. Face à l'œil du malheur. La pratique du cheb chez les mères maghrébines de France. Bobigny : Association Internationale d'EthnoPsychanalyse ; 2009. Available from : http ://www.clinique-transculturelle.org/AIEPtextesenligne_touhami_face_a_l_oeil.htm
Face à l'œil du malheur. La pratique du cheb chez les mères maghrébines de France
Slimane TOUHAMI (1)
Avec la lente agonie du mythe du retour, l'hypothèse d'une présence maghrébine s'installant de façon irréversible sur le territoire de l'Hexagone semble prendre corps sous la forme d'une incontestable réalité sociale. Force est de constater, en effet, aujourd'hui, que la composante culturelle arabo-berbère fait désormais partie intégrante- et intégrée- d'une société française dont le caractère multiculturel s'affiche comme trait majeur de sa physionomie (2) .
Les Maghrébins en France, incarnés par la figure obsolète du travailleur solitaire algérien, ont par conséquent laissé place aux Maghrébins de France, apparus avec les politiques du regroupement familial. L'écart syntaxique entre les deux formules témoigne du long cheminement d'une situation identitaire à une autre, sis dans une histoire, celle de la migration maghrébine, dont des pages entières restent à écrire (3). Il révèle encore un parcours biographique typique que se partagent en commun des centaines de milliers d'acteurs qui, par delà ses variations individuelles, n'en reste pas moins toujours traversé par cette perpétuelle tension entre des références à un là bas originel, matrice d'une identité première qu'il faut défendre dans l'exil, et inscription dans une société d'accueil qui, tour à tour, les accepte et les rejette à la fois.
L'être maghrébin dans l'Hexagone n'a pas laissé indifférent les sciences sociales. Depuis près de cinquante ans déjà, elles s'interrogent sur cet objet avec, au final, il est vrai, un résultat en demi-teinte. L'absence d'investissement scientifique pour un champ d'étude longtemps méprisé comme l'approche d'une sociologie par trop fonctionnelle déclinant son objet entravent une recherche qui, certes, a su analyser avec clarté les caractères fondamentaux du phénomène mais en délaissant, au passage, des dimensions incontournables quant à sa complexité.
La culture qualifiée de traditionnelle s'impose de fait comme une grande méconnue. Assignée au cœur de la vie familiale, inscrite au sein d'un espace domestique fortement sexué qui masque son intimité aux regards du dehors, elle est, derrière les murs de la citadelle, modèle agi au quotidien dans l'expression d'habitus et de pratiques, autant de façons d'être qui, derrière leur formalisme apparent, n'en résonnent pas moins de l'écho du monde extérieur. Si elle semble être récemment devenue un objet d'intérêt viable pour les chercheurs, comme le démontre par exemple l'émergence de travaux concernant la famille, elle ne se laisse toujours pas saisir dans sa globalité. Des pans entiers de ce tout complexe, consignés dans les strates les plus secrètes du champ des pratiques culturelles, échappent toujours à l'attention du regard de la science.
Ainsi l'expérience religieuse au féminin. Ses contours méconnus englobent à la fois les rituels à visée thérapeutique relevant de la médecine populaire, les gestes destinés à se concilier les entités supra humaines, autant d'actes qui s'opposent à des pratiques plus souterraines comme la magie amoureuse (4). Affaire de femmes, ce champ de représentations, qui plonge ses multiples racines dans le passé nord africain, s'est rétracté, en exil, au plus profond de l'univers domestique. Alors même qu'il a été l'un des thèmes d'étude privilégiée de la défunte Ecole française de sociologie (5), il est désormais localisé sur le revers obscur d'un noyau dur culturel maintenu par delà le déracinement. Son exercice étant lié à des spatialités fermées comme la cuisine, il n'offre, dès lors, qu'une prise limitée aux regards extérieurs, se cachant derrière les murs élevés par les règles de l'interdit et du secret.
L'article suivant apportera un éclairage sur cette expérience féminine au quotidien ce, à partir de l'analyse d'un rituel de guérison dont les enfants constituent les principaux bénéficiaires : le rituel dit du cheb (6). Ce choix est déterminé par deux raisons essentielles. Comme acte thérapeutique tout d'abord, le cheb reste l'une des pratiques les plus communément exercée par les mères, en particulier chez celles originaires d'Algérie ou du Maroc Oriental. Qui plus est, l'accès par cet objet permet d'approcher l'une des facettes les plus importantes de la relation des femmes au sacré, celle tournée vers la prévention et la lutte contre le ‘aïn, l'équivalent régional du mauvais œil, figure centrale du malheur au Maghreb comme dans ses diasporas.
Croire au ‘aïn
Il n'est pas possible d'aborder l'étude d'un tel rituel de guérison sans, au préalable, présenter la gnoséologie avec lequel il entretient des liens organiques. Ici, faire le cheb reste avant tout l'expression d'une croyance qui fait toujours l'unanimité sur les rives sud de la Méditerranée. Qu 'elle soit le plus souvent qualifiée de 'aïn (7)en arabe dialectal, titt en contexte berbérophone, traduite encore par l'équivalent hexagonal de mauvais œil, elle s'impose comme une variante culturellement déterminée de cette catégorie universelle qu'est la fascination. Validée par les textes sacrés comme par une exégèse coranique qui reconnaissent sa réalité, cette représentation se fonde sur l'idée de projection d'une charge nocive propre à l'humain [Westermarck, 1935 : 35]. Véhiculée par le regard ou la parole, le principe de cette "magie naturelle" reste généralement lié à l'envie hostile mais il faut noter que son action peut être parfois involontaire, en s'exerçant inopinément hors de la volonté d'un auteur auquel on ne peut imputer aucun sentiment malveillant. En effet conçue, dans le discours traditionnel, comme une manifestation de la nefs, l'âme végétative, la conscience des entrailles de tout être vivant [Desparmet, 1932 : 112], il n'existe pas d'individu qui ne soit pas porteur potentiel de cette capacité de nuisance. Cette constatation n'empêche pas, parallèlement, d'estimer que certains présentent une dangerosité plus élevée que la moyenne d'où, dans le cadre du Maghreb traditionnel, la méfiance, voir le rejet de groupes ou de personnes réputés être des jettatore en puissance. Sont perçus comme tel ces éternels suspects que sont les égoïstes, les menteurs, les étrangers ou les possesseurs de caractères oculaires singuliers comme les yeux bleus...
Ce comportement ostraciste, nourri par les peurs séculaires qu'éveille le ‘aïn, reste avant tout mu par un souci de protection. Car rien, en effet, ou presque, n'est épargné par la puissance destructrice de la fascination. Synonyme de souffrance et de deuil (8), il s'attaque aux objets comme aux êtres. Chez ces derniers, les humains figurent en tête d'affiche : les jeunes mariées, les nourrissons et les enfants restent considérés comme les plus vulnérables [Claisse-Dauchy, 1996 : 51]. Même si elles sont établies depuis plusieurs années en France, les mères continuent, dans leur grande majorité, d'être hantées par l'angoisse d'avoir à faire, un jour ou l'autre, au mal de l'envieux. Chanceuses sont celles qui n'ont pas croisé sa route. Leurs souvenirs d'enfant ou de jeune fille de « là bas », comme la mémoire de leur expérience maternelle en exil, brûlent encore des cicatrices d'un maléfice qui dévoilent, dès lors qu'on l'évoque avec elles, les lignes d'un double paysage affectif et émotionnel [Kottis,1999 :655]. En effet, à peine prononcé le mot troublant qu'apparaissent, en écho dans les discours, les images de l'objet chéri ou d'un proche, victime disparue ou rescapée de justesse de la violence annihilatrice du regard. Parler du mal, c'est aussi réactiver des émotions liées à des situations passées. L'aborder en situation d'entretiens peut ainsi conduire à réveiller des blessures mal cicatrisées. L'émotion submerge alors la rencontre, comme ce fut le cas lors de cette entrevue avec une mère d'origine marocaine qui m'avouera, le regard humide, que la cause de la mort de sa jeune sœur, disparue il y'a des années, n'était du à rien d'autre qu'au mal de l'envieux. Son allusion peut également révéler à nu le souvenir du désespoir d'une jeune mère, désemparée face à la souffrance de son enfant. Plus souvent encore, il fait émerger la crainte, à la fois présente et latente, d'une calamité qui, sans arrêt, guette son heure.
L'idéal n'étant pas d'attendre mais de prendre les devants, les traditions locales interviennent néanmoins ici en fournissant aux mères la possibilité de se protéger de l'adversité ce, à travers le recours à une sémiotique à visée prophylactique, qui peut être illustrée par la forme notoire de la khemsa (9), plus connue sous le terme de Main de Fatma, employée en amulette pendentif ou en application sur le seuil d'entrée de la maison (10). D'autres pratiques antifascinatrices participent également à une prévention protéiforme contre le mauvais œil comme les fumigations - bkhor - au benjoin ou à la sarghine pour ne mentionner que celles là. Si ces mesures préservatrices restent généralement efficaces, elles n'offrent parfois qu'un rempart illusoire. Là, une charge maléfique particulièrement agressive faisant fi des défenses disposées par les mères ou bien encore des déficiences en terme de protection peuvent sonner comme le prélude à une intrigue qui va dès lors se jouer à trois.
Faire le cheb
Malgré la vigilance des mères, le ‘aïn peut donc frapper. Dans le cadre migrant, les principales victimes de la fascination restent, comme en contexte traditionnel, les enfants et les nourrissons. La symptomatologie traditionnelle du mauvais œil que maîtrisent la grande majorité des mères fournit des indicateurs qui permettent d'attester l'existence du mal. Les maux de têtes accompagnés de bâillements, l'amaigrissement soudain, les crises incessantes de pleurs, la dépression ou encore la succession d'évènements malchanceux sont généralement saisis comme les signes d'une attaque de jettatura. Une fois soupçonnée la présence du ‘aïn, les mères vont répliquer par l'action rituelle en recourant à la technique d'expulsion dite du cheb. Dans le cadre d'une situation type, la cure de guérison se déroule de la manière suivante. Dans l'espace de la cuisine, la mère tient son nourrisson dans les bras. Si c'est un enfant, il se tient auprès d'elle. Cette dernière prend un bout d'alun, de forme nucléaire tenant dans la paume d'une main (11). Là, elle opère avec sept fois le tour de la tête du jeune malade, dans le sens des aiguilles d'une montre, tout en récitant une sourate du Coran comme la Fatiha (12) ou Al Ihlas (13).Cet acte qui conjugue simultanément le geste et la parole s'impose incontestablement comme l'acmé du rituel. L'emploi de l'heptade comme chiffre à valeur bénéfique (14) combiné à des références coraniques reconnues pour leurs vertus thérapeutiques (15) composent, en s'interpénétrant, la clé qui assure l'efficacité de la cure. En effet, l'action de ces différentes charges magiques procédant par métonymie débouche sur une extériorisation du maléfice par transfert à la pierre d'alun.
Le ‘aïn pris dans sa cage minérale, reste encore à s'en débarrasser. Ici, d'autres opérations sont nécessaires pour clore l'entreprise de guérison, à commencer par la séquence suivante consistant à faire chauffer la pierre et à interpréter, en corollaire, le reliquat produit.
Que ce soit dans une poêle ou une casserole usagée ou encore directement sur le brûleur de la gazinière, l'alun subit l'action d'une chaleur extrême. Au bout de deux à trois minutes, selon l'intensité du feu, il se métamorphose : l'éclat gonfle, virant du translucide au blanc craie, puis se fige en une forme épaisse au contour le plus souvent circulaire ou oblong. L'acte de cuisson fait en effet basculer dans le champs de l'observable un principe néfaste qui échappait jusqu'alors au sens visuel. Cette action rend maintenant possible la mise en oeuvre du savoir consistant à lire les restes minéraux. Là, selon l'analogie entretenue, en terme d'aspect, avec l'organe de la vue- forme protubérante, extrémités plus ou moins effilées- l'agent décèle l'existence du mal, ce qui permet généralement de confirmer- ou, plus rare, de réfuter- la piste étiologique de départ. Car elle est un signe reflétant la puissance du maléfice, la taille est également prise en considération, ce qui induit que plus la grosseur du reliquat est importante, plus la charge délétère du mauvais œil est conséquente.
L'interprétation terminée, il est désormais temps de passer au dénouement. Selon les différentes traditions familiales ou locales héritées, des pratiques variables peuvent être relevées dans cette phase de la cure, comme souffler fortement sur le reliquat, le ‘aïn étant appréhendé ici comme un feu destructeur qu'il faut étouffer, ou encore prononcer une formule conjuratoire terminale comme celle confiée par cette mère venue d'Oran qui peut être traduite de l'arabe dialectal au français par : « L'œil de la femme est dans la braise, l'œil de l'homme est dans l'arbre. » Les quelques variations mentionnées ne remettent toutefois pas en question l'acte terminal qui, dans tous les cas, reste identique : le reliquat, matérialisation de l'œil malfaisant, est finalement débarrassé dans la cuvette des toilettes, ce qui entérine la guérison définitive du jeune patient (16).
Entre ici, là bas et ailleurs...
Quand, du registre de l'intime, on s'ouvre sur l'universel. Loin d'être cantonné à une spécificité sans équivalent, la démarche de soin entreprise par les mères met à jour une représentation de la maladie on ne peut plus commune aux quatre coins de l'humanité. En considérant le mal comme « quelque chose en plus » qu'il faut enlever, elles pensent la guérison en conformité avec une large partie des sociétés humaines. Leur faire se rapproche ainsi des pratiques rurales du guérisseur berrichon qui, pour lutter contre les hémorroïdes et les verrues, utilise ce rituel d'extraction qu'est le « pansement de secret » qui transfère le mal, pour être ensuite détruit, dans de simples clous ou des petits pois. [Laplantine, 1992: 198] L'analogie est tout aussi forte entre les techniques de cure où le ‘aïn « sort » dans le sel ou l'alun et le travail, étudié par Claude Lévi-Strauss, du chaman kwakiutl [Lévi-Strauss,1962 :193] qui expectore le mal affligeant le patient sous la forme d'un vers sanguinolent ou d'un jet de salive. L'action maternelle exprime sans équivoque cette représentation élémentaire et universelle de la guérison qui veut que la santé et le bien être ne peuvent être restitués qu'au prix de la soustraction, hors du corps, d'un élément étranger source de maux.
(1) Docteur de l'EHESS. LISST- Centre d'anthropologie sociale de Toulouse.
(2) A ce sujet, voir notamment les travaux d'Anne Raulin. RAULIN (A ), L'ethnique est quotidien. Diasporas, marchés et cultures métropolitaines, L'Harmattan, Paris, 2000.
(3) Signalons sur ce point que l'histoire des migrations en France bénéficie depuis quelques années d'un regain intérêt chez de nombreux chercheurs.
(4) Ce champ de pratiques exclusivement féminin a notamment été étudié, dans le cadre de l'espace culturel algérien, par Nedjma Plantade. Voir PLANTADE (N ), La guerre des femmes. Magie et amour en Algérie, La boite à documents, Paris, 1988.
(5) Les travaux produits à l'époque coloniale par Doutté, Laoust-Chantréaux ou Germaine Tillon accordent par exemple une place importante à la question du magico-religieux dans les sociétés maghrébines.
(6) Le cheb désigne la pierre d'alun en arabe dialectal.
(7) Le terme vernaculaire est l'appellation pour désigner tant l'organe oculaire que le maléfice. Cette particularité sémantique est encore repérable en Corse où le vocable ochju, littéralement l'œil, est appréhendé comme l'outil de la vision mais également comme le sortilège jeté par le regard. Sur ce sujet, voir DESIDERI (L), « Jeu de l'œil », Ethnologie française, octobre-decembre 1991, Presses universitaires de France, pp 415-422.
(8) C'est ce qu'illustre ce proverbe marocain : « C'est au mauvais œil qu'appartiennent les deux tiers du cimetière. »
(9) Traduisible par le chiffre cinq en arabe littéraire et dialectal.
(10) Comme autres signes réputés protecteurs en contexte maghrébin, citons le fer à cheval, l'œil apotrope, la pièce de monnaie percée ou encore le cauri.
(11) Il s'agit de sulfate double d'aluminium et de potassium. Cette substance minérale d'aspect translucide, connue pour ses propriétés astringentes et mordantes, est employée abondamment en médecine, teinturerie et en photographie.
(12) Coran, I.
(13) Coran, CXII. Ces deux sourates restent les plus connus par les femmes. Ici, l'analyse fait apparaître une connaissance limitée du Livre chez les mères qui, souvent, n'en maîtrisent que quelques fragments. J'ai encore relevé un cas de rituel du cheb où, par ignorance en matière religieuse, l'agent ne faisait aucunement appel aux références coraniques.
(14) La valeur thérapeutique du sept est perceptible dans la Bible avec l'exemple de Elysée qui éternue sept fois et fait ressusciter l'enfant. Voir Bible 11,Rois, 4,35.
(15) On tire, dans le monde musulman, de nombreuses amulettes à partir du Nom divin ou d'une sourate comme la Fatiha. Voir DOUTTE (E), Magie et religion dans l'Afrique du Nord, Maisonneuve- Larose, Paris, 1984, p212.
(16) C'est à l'unanimité que les agents reconnaissent l'efficacité du cheb contre la fascination. Pourtant, l'échec du traitement rituel induit par l'attaque d'une force maléfique particulièrement forte, reste, même s'il est très rare, une éventualité à ne pas écarter. Dans cette hypothèse, deux possibilités s'offrent aux mères : soit s'adresser au taleb ou au fqih, tradipraticien versé dans les sciences religieuses et médicales, détenteur d'un savoir supérieur reconnu et respecté y compris dans la migration ; soit alors se tourner vers la médecine rationnelle occidentale.
Bibliographie
Desideri L. Jeu de l'œil. Ethnologie française , octobre-décembre 1991 : 415-22.
Desparmet J. Ethnographie traditionnelle de la Mettidja. Le mal magique . Alger : Carbonel-Paris, Geuthner ; 1932.
doutte E. Magie et religion dans l'Afrique du Nord . Paris : Maisonneuve-Larose ; 1984.
Kottis M. Le mauvais œil en Grèce : le champ de l'émotion et de la parenté. Ethnologie française 1999 ; XXIX : 653-64.
Laplantine F. Anthropologie de la maladie . Paris : Payot ; 1992.
Levy-Strauss C. La pensée sauvage . Paris : Plon ; 1962.
Plantade N . La guerre des femmes. Magie et amour en Algérie . Paris : La Boite à documents ; 1988.
Raulin A . L'ethnique est quotidien. Diasporas, marchés et cultures métropolitaines . Paris : L'Harmattan ; 2000.
Westermarck E. Survivances païennes dans la religion mahométane . Paris : Payot ; 1935.
Résumé
L'article suivant s'inscrit dans la lignée d'une étude portant sur les pratiques thérapeutico-religieuses des mères maghrébines de France. Il présente notamment les premiers résultats de l'analyse d'un rituel de guérison, fréquemment rencontré sur le terrain constitué par des familles nord-africaines de la région toulousaine, le rituel dit du cheb (alun), agi exclusivement par les mères pour lutter contre le maléfice du ‘aïn (l'œil), expression de la fascination en contexte culturel arabo-berbère.
Mots-clés : Fascination, santé, Maghreb, mères, rituel, migration.