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© aiep - 10 mai 2005 - www.clinique-transculturelle.org

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Pour citer cet article :
Moro MR. La clinique transculturelle ou la nécessité d'agir ici et ailleurs. Métisse 2005 ; 10(2) : 1.
La clinique transculturelle ou la
nécessité d'agir ici et ailleurs
Marie Rose MORO *
26 décembre 2004, un Tsunami ravage des régions entières d'Indonésie, du Sri Lanka, d'Inde ou de Thaïlande. Rien que pour le nord de Sumatra, où je suis allée monter un programme de soins psychologiques pour Médecins Sans Frontières avec l'aide de l'Association Internationale d'EthnoPsychanalyse, un million de personnes a été affecté. Une fois l'urgence vitale assurée, la nourriture, l'accès aux soins et un toit mis en place, reste la question de comment faire face, comment trouver la force de surmonter les pertes, les deuils, les adultes qui sont préoccupés par la survie et qui oublient les enfants et leurs besoins primaires : jouer, rester des enfants, rêver… Et partout la même difficulté à reconnaître leurs souffrances, leurs modalités spécifiques de dépasser le trauma et le deuil, leurs manières bien à eux d'aller mal sans parfois que cela passe par les mots. Le plus souvent, cela s'exprime par le corps, par les jeux, par l'arrêt des croyances enfantines ou celle du développement. Il est donc urgent d'y aller, de mettre en place des programmes spécifiques pour les enfants non pas pour les amuser seulement mais pour les soigner et leurs permettre de redevenir des enfants tout simplement… Et à tous ceux qui mettent en avant les obstacles de la langue, de la diversité culturelle ou celle de l'inefficacité de la pédopsychiatrie dans de telles circonstances, on peut leur opposer que l'être humain se mesure à la qualité de ses refus… selon les mots de Paul Valéry. Or, il faut refuser que des millions d'enfants dans le monde soit les "cibles favorites" des guerres, des catastrophes, des crises… et que, de surcroît, ils ne soient pas soignés.
L'Association Internationale d'Ethnopsychanalyse a participé à cette action par la clinique transculturelle, par sa mobilisation, par sa capacité à comprendre et à faire autrement. Ceci est tout à son honneur mais le travail n'est pas terminé n'y ici ni ailleurs, il faut agir, il faut créer des nouvelles formes de faire ensemble, il faut renouveler notre capacité à être affecté, à se mobiliser, à faire de la clinique efficace et humaine.
Ce numéro est celui de notre assemblée générale. Je souhaite à cette occasion que nous travaillons ensemble et plus que jamais avec détermination, audace et « sans tabous », dans le domaine de la clinique transculturelle ici avec les familles migrantes et là-bas dans la clinique en situation humanitaire. L'une et l'autre se nourrissent mutuellement et tous ces terrains sont nécessaires pour renouveler notre manière de penser et de faire.
Enfin, nous vous donnons rendez vous le 19 et 20 mai 2006 à Clermont Ferrand pour le prochain colloque de la revue L'autre et de l'AIEP sur « Jouer. Enjeux ethnopsychiatriques »… Ce colloque sera organisé par Cantara-Grem. Jouons ensemble…
* Présidente.
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